Arrivé à Strasbourg dans l’anonymat cet été, Nelly Junior Joseph (2,06m, 24 ans) a directement crevé l’écran. Retour sur le parcours tumultueux du rookie nigérian devenu All-Star.
À 11 ans, vous vous êtes retrouvé seul dans la maison de votre grand-mère à Benin City, au Nigéria. Comment vous rappelez-vous cette période difficile ?
Après la mort de ma grand-mère, je me rappelle avoir dû aller travailler pour me nourrir. J’allais dans des maisons où il y avait, je ne sais plus… une cinquantaine de prostituées. Là-bas, je faisais le ménage, j’allais leur chercher de l’eau, je faisais leurs courses, et j’étais payé pour ça.

Comment cela a forgé l’homme que vous êtes devenu ?
J’ai dû prendre des décisions difficiles très tôt, parce que personne n’était là pour m’éduquer. Finalement, cela m’a aidé à prendre des décisions lorsque j’ai vieilli. Dans ce sens, on peut dire que ça a été positif dans ma vie.
Et c’est ensuite que vous avez découvert le basket ?
Quand j’avais 13 ans, un pasteur est venu me voir à Lagos, et quand il m’a vu, il m’a dit : « Tu es grand, tu devrais faire du basket ». À l’époque, je jouais au football, je ne savais même pas ce qu’était le basket. À la suite de cette discussion, j’ai rencontré un coach qui m’a appris à jouer, et avec qui je me suis entraîné pendant deux ans à Lagos. Ensuite, je suis allé au Japon pour le lycée, mais, même si je dominais, le niveau était trop bas, et je voulais rejoindre la NBA. Après avoir vu ma demande de visa pour les États-Unis refusée deux fois, je suis allé à la NBA Academy au Sénégal, puis j’ai finalement réussi à rejoindre les États-Unis et la NCAA (Iona puis New Mexico). C’est là que tout a démarré.
Quels souvenirs gardez-vous de la NBA Academy en Afrique ?
Les infrastructures étaient au top. Ils nous donnaient une vraie chance de nous développer, avec des séances de musculation et des entraînements de basket réguliers. Notre entraîneur, Roland Houston, a joué en pro en France (Le Mans et Tours au début des années 1990), il nous a donné de bonnes informations sur le basket de haut niveau.
En repensant à votre parcours, vous voyez-vous comme un miraculé ?
…
Cet article est réservé à nos abonnés.
Abonnez-vous pour y accéder.
Je m'abonneDéjà abonné ? Connectez-vous
Propos recueillis par Nicolas Bulach, à Strasbourg
