S’il a dû s’avouer vaincu en finale face aux Knicks, Victor Wembanyama (2,24 m, 22 ans) a réalisé une troisième saison éblouissante en NBA, effaçant les doutes quant à son retour après sa thrombose, confirmant son statut de joueur unique. Il est le nouveau visage de la NBA.
Par Yann Casseville
À New York, dans la ville la plus peuplée des États-Unis, Gramercy Park est un havre de paix, un petit parc privé de Manhattan accessible uniquement avec une clé. Celles-ci sont rares, réservées aux habitants des résidences à proximité et aux membres des institutions culturelles locales. Ici, il est interdit de promener son chien, de faire du vélo ou un quelconque sport, également de prendre des photos. Pourtant en juin dernier, une personne a enfreint le règlement, dégainant son téléphone portable afin de filmer un homme. Un homme pas comme les autres : il mesure 2,24 m.
Pour s’aérer l’esprit avant le Game 3 de la finale NBA, Victor Wembanyama, passionné de dessin, était occupé, crayon et carnet à la main, à reproduire sur papier la statue en face de lui, celle de l’acteur shakespearien du 19e siècle Edwin Booth, connu pour sa représentation d’Hamlet. Partout où il va, Wemby ne peut passer inaperçu. Un an plus tôt, des images de son séjour au Temple Shaolin avaient fuité. Quand les autres stars se réfugient derrière une casquette et des lunettes, lui qui cultive sa discrétion et aime à entretenir une part de mystère sait également qu’aucun tissu ne sera assez grand pour le cacher. D’autant que sa popularité continuer de grimper.

Il était un phénomène attendu lors de son arrivée en NBA en 2023, il est devenu un All-Star et même le joyau de la ligue. « Est-il le prochain visage de la NBA ? La question ne se pose plus. Il s’agit plutôt de savoir s’il peut devenir la prochaine superstar du sport mondial », pouvait-on lire dans le New York Times en pleine finale, où son nom était sur toutes les lèvres. À San Antonio bien sûr, où sa silhouette habille nombre de fresques murales, de publicités pour les bars et restaurants ; sur la devanture d’un café, un extraterrestre peint à la bombe porte un ballon de basket rappelle son surnom d’alien. À New York, en terre ennemie, des excités ont brûlé son maillot, projeté un œuf sur lui devant l’hôtel, et après la finale, le MVP Jalen Brunson a trinqué en lançant « Fuck Wemby ! ». Éloquent : partout, parmi ses multiples soutiens et rares détracteurs, sur un parquet comme au Temple Shaolin ou dans un parc privé de Manhattan, le Français de 22 ans est déjà le centre de toutes les attentions.
L’AUDIENCE DES FINALS DOUBLÉE !
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Article paru dans Maxi Basket n°10 (juillet-août 2026), disponible sur la boutique.
