ITW Valériane Ayayi, carnet tchèque : « J’ai pensé à habiter ici jusqu’à la fin »

À deux pas de la Královka Arena, la salle où elle évolue avec l’USK Prague, Valériane Ayayi (31 ans) nous a donné rendez-vous dans le café où elle a ses habitudes : le Matilda. Un vendredi matin de février, nous avons évoqué son aventure tchèque, que la capitaine des Bleues partage cette saison avec deux Frenchies, Pauline Astier et Janelle Salaün.

Installée depuis 2018 à Prague, vous évoluezpour la première fois avec deux Françaises. Comment se passe cette cohabitation ?
Dans les vestiaires, nous sommes à côté toutes les trois, nous passons beaucoup de temps à parler. Nous apprenons de plus en plus à nous connaître en tant que personnes au-delà des joueuses. Maintenant, elles sont plus jeunes que moi, cela fait six ans que j’ai ma vie ici, j’ai des affinités avec un tas de joueuses. Puis j’ai aussi ma fille. Je n’ai pas passé plus de temps en dehors du basket que cela avec mes Frenchies, même si j’ai l’impression de voir leur tête tout le temps. Nous avons développé des automatismes sur le terrain qui seront bénéfiques pour l’équipe de France.

Est-ce que les premiers pas de vos “Frenchies” à Prague vous rappellent vos propres débuts ici ?
Oui, en début de saison, à chaque fois que Pauline revenait à l’entraînement, elle nous racontait ce qu’elle avait fait, nous disait « comment c’était trop beau ». Il y a de quoi faire du lundi au dimanche, ce qu’en France nous n’avons pas dans les villes où le basketball féminin règne. Cela fait six ans que je suis installé à Prague, et ce n’est pas juste pour le basket. C’est aussi pour la ville, l’état d’esprit. J’ai même pensé à habiter ici jusqu’à la fin.

© FIBA

Quel est votre regard sur Pauline Astier, qui poursuit sa montée en puissance en Euroleague ?
Elle a très bien commencé la saison, a surpris beaucoup de monde mais il lui reste beaucoup de travail pour passer un cap. Elle peut devenir l’une des meilleures meneuses européennes depuis très longtemps, mais a besoin d’être poussée, d’aller chercher plus de leadership. Les jeunes générations ont du mal à se mettre toutes seules dans le dur. Il y a des joueuses qui auraient été tellement fortes avec des coaches ou joueuses de générations précédentes pour les cadrer davantage. Je me rappelle mes premiers pas avec Céline Dumerc. Elle était dans une exigence à outrance et j’étais une jeune qui n’avait pas peur de jouer alors que j’avais 18 ans. Nous avons mis du temps avant de comprendre que l’on voulait toutes les deux la même chose.

Le basket est-il populaire à Prague ?

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Propos recueillis par Teddy Perez, à Prague (République tchèque)

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