ITW Rudy Gobert : « L’argent, tu ne l’emportes pas dans la tombe »

Il est le basketteur français le mieux payé de l’histoire. Lui qui parle rarement d’argent a accepté de s’ouvrir sur le sujet, évoquant sa gestion et ses investissements.

Propos recueillis par Yann Casseville

Avant même d’en gagner beaucoup, vous avez toujours connu la valeur de l’argent, via votre histoire personnelle ?
J’ai été élevé avec ma mère, j’ai grandi dans un HLM en France. Ma mère était au RSA, elle faisait des petits boulots à côté pour gagner un peu plus. Quand elle me donnait 2 € pour aller me chercher un truc à manger, c’était quelque chose, tu le valorises, tu te dis que chaque euro compte. Je n’ai jamais manqué de rien, simplement j’ai grandi en appréciant chaque chose que j’ai eu la chance d’avoir, comme un paquet de cartes Pokémon. Ce sont les valeurs dans lesquelles ma mère avait été élevée et qu’elle a pu me transmettre.

Rudy Gobert réalisant un dunk à la Coupe du Monde 2014.
Rudy Gobert lors de sa première grande compétition avec les Bleus (CDM 2014) © FIBA

Comment les conserver, ne pas être totalement déconnecté, quand on atteint un niveau de rémunération faramineux ?
J’ai toujours eu un détachement avec l’argent. Je me souviens de la signature de mon contrat à 100 M$ (en 2016). Bouna (Ndiaye, son agent) m’a dit : « Si à 24 ans, j’avais signé pour 100 millions, je ne pense pas que j’aurais réagi comme toi. Tu ne montres aucun changement, on a l’impression que tu t’en fous ! » C’est simplement que oui, l’argent amène un confort et enlève beaucoup de contraintes, mais ça n’a jamais été ma source de motivation – sinon, j’aurais déjà pris ma retraite pour vivre le reste de mes jours sur une île. Et l’argent, dans notre monde capitaliste, est une marque de respect, mais au final, tu ne l’emportes pas dans ta tombe. Je ne pourrai jamais le dénigrer ou cracher dessus, parce que je sais comment j’ai grandi, mais je sais aussi que j’étais un enfant heureux quand j’étais dans un HLM. Donc même si je connais sa valeur, je sais aussi qu’il ne définit pas le bonheur. Et c’est ce que je veux transmettre à mes enfants. Eux ne vont pas grandir dans un HLM mais je veux qu’ils puissent avoir ce détachement avec l’argent qui te permet d’apprécier les petites choses.

Quand avez-vous pris conscience qu’un joueur NBA devait s’entourer au niveau financier ?

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Entretien paru dans Maxi Basket n°9 (juin 2026), disponible sur la boutique.

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